Blog
Au nom d’Allah, et que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah,
sur sa famille, ses compagnons et ceux qui le prennent pour allié. Ceci dit :
Aujourd’hui, on va voir une femme qui s’appelle Isha, qui était l’épouse du prophète Zakaria.
Son nom, comme il a été mentionné par les exégètes, les savants du tafsir, c’était Ishaa’.
Il y a eu d’autres versions, mais la plus répandue, c’est Ishaa’.
C’était la fille de Faqooda, qui était fils de Qayl, donc descendant de Sulayman, du prophète Sulayman, qui était le fils de Daoud, du prophète Daoud, alayhima as-salam.
L’avis le plus fort, c’est que Ishaa’ était donc la femme de Zakaria. Elle était la sœur de Hanna, fille aussi de Faqooda, et donc Hanna qui était la femme d’Imran, et donc la mère de Maryam.
L’avis le plus fort, c’est que Ishaa’, c’était donc la tante maternelle de Maryam.
Allah, Il a honoré cette femme, Ishaa,’ tout d’abord en la mariant à un prophète, au prophète Zakaria.
Un époux pieux.
Et ensuite, Il l’a honorée en la faisant s’empresser dans les bonnes actions, dans l’invocation et dans l’adoration d’Allah.
Donc vous connaissez sûrement toutes le verset de la sourate Al-Anbiya :
« Ils se concurrençaient dans les bonnes œuvres, les accomplissaient avec empressement et ils espéraient Sa miséricorde. »
Ce qu’on ignore souvent, c’est que ce verset-là, il a été révélé au sujet de Ishaa’, donc la femme de Zakaria.
Tous deux, Zakaria et sa femme Ishaa’, espéraient Sa miséricorde et Sa faveur.
La miséricorde et la faveur d’Allah. Ils redoutaient Son châtiment et Sa colère. Ils ne cessaient jamais de se soumettre à Allah avec humilité. Ils ne désespéraient jamais de Sa miséricorde.
À travers l’histoire de cette femme qui a été racontée dans le Coran, donc Ishaa’ a été soumise à une grande épreuve, l’une des plus difficiles qu’une femme puisse endurer, c’est-à-dire la stérilité, une lourde épreuve, forcément, parce que ça conduit à la privation d’enfant.
Mais elle a fait preuve de patience et elle était satisfaite de ce qu’Allah avait décrété. Elle était convaincue de Sa sagesse dans tout ce qu’Il fait.
Malgré cette stérilité avec laquelle elle a été éprouvée, donc cette femme, elle a vieilli tout en étant stérile. Et Zakaria aussi, donc il a atteint une vieillesse qui était avancée, au point où il a dit :
« Ma tête s’embrase de cheveux blancs. »
Malgré ça, Zakaria, il n’a pas abandonné l’espoir qu’il avait en la miséricorde d’Allah, ni même le désir ardent d’avoir une descendance.
Allah, Il a concrétisé ce désir et Il a exaucé cette demande.
Allah, Il a honoré Ses deux serviteurs pieux, Zakaria et sa femme, en leur octroyant un enfant qui n’est autre que Yahya.
Cétait un enfant noble et vertueux, et ça montre la sincérité dont ils faisaient preuve dans leurs invocations.
Allah dit, selon la traduction rapprochée des versets de la sourate Al-Imran :
Donc à chaque fois que Zakaria entrait auprès d’elle, c’est-à-dire de Maryam, dans le sanctuaire, il trouvait auprès d’elle de la nourriture. Et donc il disait :
« Ô Maryam, d’où te vient cette nourriture ? »
Elle a dit :
« Cela me vient d’Allah. En vérité, Allah attribue Ses dons à qui Il veut sans compter. »
Zakaria, il a entendu cette parole :
« Allah attribue Ses dons à qui Il veut sans compter. »
Il s’est rappelé que lui, il voulait un enfant malgré son âge avancé et la stérilité de sa femme.
Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset :
C’est là que Zakaria implora son Seigneur et dit :
« Seigneur, donne-moi, venant de Toi, une descendance pure. Certes, Tu es Celui qui entend les invocations. »
Ensuite, ça a été rapporté dans la sourate Maryam que Zakaria disait aussi, donc Allah dit selon la traduction rapprochée du verset :
Il dit :
« Seigneur, mes os sont affaiblis et ma tête s’embrase de cheveux blancs. Et je n’ai jamais été malheureux en T’invoquant, Seigneur. Et je crains le comportement de mes proches après moi, et ma femme est stérile. Accorde-moi de Ta part un descendant qui héritera de moi et héritera de la famille de Ya‘qub. Et fais qu’il Te soit agréable, Seigneur. »
Zakaria, on voit à travers ses invocations qu’il n’a jamais désespéré de la miséricorde d’Allah.
Il espérait avoir un enfant malgré l’absence des moyens communs, des moyens habituels pour obtenir une descendance. C’est-à-dire qu’il était âgé, sa femme elle était âgée et stérile.
Logiquement, avec ces facteurs-là, c’est impossible d’avoir un enfant. Mais Allah est capable de tout.
C’est pour ça qu’il a dit au début :
« Accorde-moi de Ta part », parce qu’il savait que ça ne pouvait être qu’un don d’Allah, sans aucune cause apparente, puisque tous les facteurs n’étaient pas réunis pour que sa femme puisse enfanter.
Ce don qu’Allah leur a fait, ce n’était pas un don ordinaire, parce que ni son âge avancé ni la stérilité de sa femme ne rendaient cela possible.
De là, il a dit :
« Accorde-moi venant de Toi », et non pas : « accorde-moi de ce qui m’appartient ».
Pourquoi Allah a dit cela dans le Coran ?
Parce qu’Allah voulait démontrer que cet enfant serait octroyé par Sa seule puissance, sans aucun intermédiaire parmi les causes habituelles et surtout naturelles.
Les invocations de Zakaria ont été une bénédiction pour lui et pour son épouse. Allah a exaucé leurs invocations. Il a réformé leur état et Il a accordé à son épouse, donc Ishaa’, la capacité d’enfanter.
Allah dit ensuite dans le verset de la sourate Al-Anbiya :
« Nous avons réformé son épouse pour lui. »
Allah leur a accordé un fils, Yahya.
Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Et Nous lui accordâmes Yahya et Nous réformâmes son épouse pour lui. Ils se concurrençaient dans les bonnes actions, Nous Nous invoquaient par désir et crainte, et étaient humbles envers Nous. »
Donc Allah dit aussi :
« Ô Zakaria, Nous t’annonçons la bonne nouvelle d’un fils dont le nom sera Yahya. Nous ne lui avons pas donné auparavant d’homonyme. »
Allah dit dans un autre verset de la sourate Maryam, selon la traduction rapprochée :
« Nous l’avons comblé de douceur de Notre part, de pureté, et il était pieux. »
Zakaria, de là, il s’est étonné, il s’est interrogé sur la manière dont cet enfant allait lui être accordé. Parce que lui, il savait qu’il avait un âge avancé, il savait que sa femme était stérile.
Il a dit :
« Mon Seigneur, comment aurais-je un garçon alors que ma femme est stérile et que moi-même je suis très avancé en âge ? »
Allah lui a répondu, selon la traduction rapprochée du verset :
« C’est ainsi, ton Seigneur a dit : cela M’est facile. Je t’ai créé avant cela alors que tu n’étais rien. »
De notre côté, ce qu’on retient de ce verset, c’est que les causes apparentes, ce n’est pas ça qui octroie l’enfant.
Et ce qui est requis de nous-mêmes, ce qui est requis du serviteur, c’est qu’il attache tout simplement son cœur à son Seigneur et qu’il continue de prier et d’espérer en Lui, quelle que soit la situation.
Allah, Il a récompensé Zakaria et son épouse pour leur empressement dans les bonnes actions.
Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset que j’ai cité tout à l’heure :
« Ils se concurrençaient dans les bonnes actions, Nous invoquaient par désir et crainte et étaient humbles envers Nous. »
On voit à travers ces textes que la croyance saine, une confiance totale en Allah, une réforme, une obéissance et les invocations sincères, c’est des clés pour la subsistance.
Allah, de par cela, de par cette histoire, Il a fait de Zakaria, de sa femme Ishaa’ et de leur fils Yahya un signe parmi Ses versets qui montre que rien n’est impossible pour Lui.
La femme de Zakaria, bien qu’elle ait été évoquée brièvement dans les textes de l’islam, donc dans le Coran et la Sunna, elle se distingue.
On voit à travers ces versets-là qu’elle se distingue par son caractère pieux et surtout par son empressement à accomplir le bien.
On voit qu’Allah, Il a mentionné l’empressement à accomplir le bien et qu’Il a parlé de cette femme.
Le fait qu’Il ait parlé d’elle et du fait qu’elle s’empressait à accomplir le bien, ça reflète sa foi sincère et le fait qu’elle s’impliquait dans les bonnes œuvres.
Allah, je répète, Il a décrit dans le Coran les caractéristiques des pieux et Il a mentionné spécifiquement la famille de Zakaria. Donc ils se concurrençaient dans les bonnes œuvres, ils Nous invoquaient par désir et crainte et ils étaient humbles envers Nous.
Ce verset, il met en lumière à l’évidence déjà l’empressement de Zakaria, mais aussi celui de Ishaa’, de son épouse.
Elle partageait évidemment avec lui cet effort constant d’accomplir des œuvres pieuses. Et elle montrait sa soumission totale à Allah.
Cet empressement, on le voit à travers plusieurs choses.
Tout d’abord, le fait qu’elle était constante dans l’invocation.
Elle soutenait son mari dans les invocations pour obtenir cette descendance pieuse désirée tant, malgré leur âge avancé et la stérilité.
On voit aussi son humilité devant Allah, donc la soumission et la patience qu’elle a montrées face à cette épreuve de stérilité.
Ça démontre une piété exemplaire.
On voit aussi qu’elle était un modèle de patience et de satisfaction.
Donc à travers les textes, on voit que la femme de Zakaria, elle n’a pas montré de désespoir, et cela même face à cette situation qui aurait pu briser d’autres personnes.
La stérilité, souvent, elle était considérée comme un défaut dans les sociétés anciennes, et elle aurait pu se décourager face à cette épreuve, mais elle a conservé sa foi, sa sérénité et sa satisfaction.
On voit qu’elle s’empressait au bien.
On voit cela à travers sa patience, parce qu’elle ne s’est jamais laissée abattre par cette épreuve.
Sa patience, elle montre déjà sa reconnaissance de la sagesse d’Allah.
Et sa satisfaction, elle a accepté le décret d’Allah en continuant de prier et d’espérer avec confiance en la miséricorde d’Allah.
Ensuite, on en vient au verset :
« Nous avons réformé son épouse pour lui. »
On voit à travers ça déjà la réforme intérieure de Ishaa’, de cette femme.
Dans le verset de la sourate Al-Anbiya, Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Nous lui avons accordé Yahya et Nous avons réformé son épouse pour lui. »
Les savants, ils expliquent que cette réforme, elle peut signifier plusieurs choses.
Tout d’abord, ça peut être une guérison physique.
Allah, Il lui a permis d’enfanter après avoir été stérile. Ça montre que le pouvoir d’Allah, la force d’Allah, ça dépasse de loin les lois naturelles.
Aussi, les savants disent que ça peut signifier une réforme religieuse.
Ils disent que sa foi, qui était déjà solide, elle a été renforcée.
Ça l’a rendue encore plus assidue dans les bonnes œuvres et dans son soutien à la mission prophétique de Zakaria.
On voit aussi son empressement dans la gratitude et dans l’éducation de son fils Yahya.
Quand Allah, Il leur a accordé Yahya, toute la famille, donc Zacharia et sa femme, ont montré une grande gratitude envers leur Seigneur.
La femme de Zakaria, donc Ishaa’, elle a participé à l’éducation de Yahya, un prophète qui était ensuite connu pour sa pureté et sa piété.
Ça ne reflète que l’éducation vertueuse qu’il a reçue de ses parents.
Elle a joué forcément un rôle dans le développement de son fils Yahya comme prophète.
Sa propre droiture à elle, ça reflète l’éducation de son fils Yahya, qui était un enfant exceptionnel.
On peut lire les textes qui parlent de Yahya. Et d’ailleurs, Allah le dit dans le Coran, c’était un enfant très pur.
Ensuite, on voit cela à travers sa place parmi les femmes pieuses dans les récits islamiques et aussi dans les récits de la Bible, quand elle a été mentionnée, donc son nom dans la Bible, c’est Élisabeth.
On voit qu’elle est souvent mise en parallèle avec d’autres figures féminines pieuses comme Maryam ou encore sa sœur Hanna, qui était la mère de Maryam.
Ces femmes dans le Coran, elles sont décrites comme des modèles dans l’adoration et dans l’empressement au bien.
Le fait que Ishaa’ était proche de ces femmes, ça montre qu’elles faisaient partie d’une lignée de femmes pieuses qui avaient un impact dans leur communauté et dans leur mission qui était de transmettre la foi.
L’histoire de la femme de Zakaria, c’était un exemple d’empressement au bien, comme elle a été décrite dans le Coran.
Sa foi solide, son obéissance constante, tout ça, ça nous montre la quête qu’elle poursuivait pour plaire à Allah.
Et ce, malgré les difficultés et les épreuves qu’elle traversait.
Son empressement à accomplir le bien, à accomplir de bonnes œuvres, à répondre à l’appel de son Seigneur, c’est en réalité une leçon. Une leçon pour toutes celles qui aspirent à ne pas laisser passer les opportunités de bien.
En tant que croyante, on doit réfléchir.
On doit réfléchir sur l’importance de ne pas perdre le temps précieux qu’on possède, et comment pouvons-nous rattraper ce qui nous a échappé.
L’empressement au bien, il faut savoir que c’était une qualité des pieux prédécesseurs.
L’empressement à accomplir le bien, les bonnes actions, c’est tout d’abord une marque des cœurs vivants, une caractéristique des pieux prédécesseurs, donc des salafs.
Ils savaient que la vie est courte et que chaque instant qui passe, c’est une opportunité précieuse pour se rapprocher d’Allah.
Allah dit dans le Coran, je répète encore une fois le verset :
« Ils se concurrençaient dans les bonnes œuvres, les accomplissaient avec empressement et ils espéraient Sa miséricorde. »
Donc leur empressement au bien, des salafs, il se manifestait par une course constante vers tout ce qui pouvait leur apporter l’agrément d’Allah.
Abdullah ibn Moubarak disait :
« Combien de petits actes deviennent grands avec une intention sincère, et combien de grands actes deviennent insignifiants à cause d’une mauvaise intention. »
Donc il faut savoir que les salafs, ils ne laissaient jamais les opportunités de bien leur échapper. Et leurs efforts, ils ne s’arrêtaient pas, même en vieillissant ou même lorsqu’ils rencontraient des difficultés, des obstacles, etc.
Ça montre une compréhension profonde qu’ils avaient de la valeur du temps et de la nécessité de se concurrencer pour atteindre les hauts degrés dans l’au-delà.
Les pieux prédécesseurs, ils savaient qu’il pouvait évidemment arriver de manquer des opportunités de faire le bien ou de laisser passer des moments précieux sans en tirer profit. Ça, c’est évident, ça arrive à tout le monde.
Ils avaient conscience de cela, mais ils avaient surtout conscience de l’importance de rattraper ce qui avait été manqué, que ce soit un acte ou une intention. Donc ils cherchaient toujours à réparer les manques de leur vie, donc cela en suivant les enseignements d’Allah et du Messager d’Allah.
Allah dit, selon la traduction rapprochée d’un verset de la sourate Al-Furqan :
« Et Il a fait de la nuit et du jour deux signes successifs pour celui qui veut se souvenir ou exprimer sa gratitude. »
Allah, Il a fait de la nuit et du jour deux signes qui se succèdent pour ceux qui veulent se rappeler d’Allah ou ceux qui veulent Le remercier.
Le but c’est de savoir que tant qu’il reste de la vie, il reste une possibilité de corriger, de compenser et de progresser. Donc avoir des regrets parce qu’on a laissé passer du bien, parce qu’on ne s’est pas empressé au bien pendant tant d’années. Ce n’est pas un mal.
Mais ce qu’il faut faire, c’est transformer ces regrets en une force pour se rapprocher d’Allah.
Abdullah Ibn Omar qu’Allah l’agrée il a prié sur une personne qui était décédée.
Et ensuite, il est retourné chez lui après avoir fait la prière, donc après avoir fait salat al-janazah.
Donc il est rentré chez lui et un homme est venu à lui et lui a dit :
« Ô Abdullah Ibn Omar, n’entends-tu pas ce que rapporte Abu Hurayra, qu’il a entendu le Messager d’Allah, sallallahu alayhi wa sallam, dire : Celui qui accompagne un défunt depuis sa maison, qui prie sur lui, puis le suit jusqu’à ce qu’il soit enterré, obtient deux qirats de récompense ? »
Et donc ensuite, il explique ce qu’est un qirat.
Donc il dit : chaque qirat, ça équivaut à la montagne de Uhud.
Celui qui prie seulement sur le défunt et retourne ensuite chez lui obtient une récompense équivalente à un qirat.
Ce qu’il est en train de lui dire, c’est que lui, du fait qu’il avait seulement prié et qu’ensuite il était rentré chez lui, il avait obtenu la récompense d’un qirat. Donc une montagne de Uhud de récompense.
Et il lui dit que le Prophète ﷺ avait mentionné une récompense encore plus importante pour celui qui accompagne le défunt depuis sa maison, qui prie sur lui et ensuite qui le suit jusqu’à ce qu’il soit enterré. Donc lui, sa récompense, ce sera deux qirats.
Voilà, donc ça, c’est le hadith qui est rapporté.
Et donc c’est la première fois qu’Abdullah Ibn Omar, il avait entendu ce hadith.
Donc qu’est-ce qu’il a fait ?
Il a envoyé Khabbab auprès de Aïcha pour vérifier si le hadith était authentique ou non, si c’était réellement les propos de Abu Hurayra.
Et ensuite, il attendait donc son retour avec une réponse.
Et donc évidemment, on voit à travers ce hadith qu’il était très étonné de ne jamais avoir entendu ce hadith avant ça.
Donc le temps est passé et à un moment donné, Khabbab est revenu avec la réponse.
À ce moment-là, dans le hadith, ce qui est mentionné, c’est qu’évidemment, il jouait nerveusement avec des cailloux dans la mosquée. Donc il les faisait rouler entre ses mains et il n’attendait qu’une seule chose, c’était la réponse de Aïcha, donc que Khabbab allait venir lui transmettre.
Donc quand Khabbab est arrivé, Ibn Omar s’est précipité vers lui et il lui a dit :
« Alors, qu’est-ce que Aïcha a dit ? »
Et Khabbab a dit :
« Elle a dit que Abu Hurayra avait raison. »
Et donc face à cette réponse, Ibn Omar a jeté les cailloux qu’il tenait dans la main au sol et il a dit avec amertume :
« Nous avons perdu de nombreux qirats. »
Mes sœurs, ce qu’on doit savoir, c’est que la vie, elle est faite de minutes et de secondes.
Souvent, on a des souvenirs des années qui sont passées, qui traversent nos esprits.
On ne se souvient même pas exactement de ce qui s’est passé.
C’est comme si cinq années, elles équivalaient à cinq minutes qui s’effacent très rapidement.
Par exemple, si je vous parle de votre période universitaire, de tel événement dans votre vie, c’est possible que vous n’ayez rien retenu. C’est comme si ces années, elles étaient passées en quelques minutes.
Et on entend souvent des gens dire qu’une partie de leur vie, elle s’est écoulée dans le vide.
Ce sur quoi on doit réfléchir,
c’est comment une vie,
une vie — on n’en a qu’une sur terre,
on ne pourra pas vivre une deuxième fois sur terre,
comment une vie, elle peut ainsi se perdre entre nos mains ?
Et ça, mes sœurs, c’est une affaire qui est grave, qui ne doit pas être prise à la légère.
Les bonnes actions, elles sont nombreuses, elles sont sans limite.
Par exemple les deux unités de prière de ad-Duha ou d’autres bonnes actions similaires.
Elles ne nous demandent rien, mais elles nous apportent des bénédictions. Leur récompense, elle est immense.
Alors mes sœurs, il est temps de rattraper et de compenser ce qui est passé sans que nous l’ayons bien exploité.
L’argent, c’est la matière de la vie, et le temps, c’est la matière de l’âge.
Peu importe ce que tu fais de ton âge, que ce soit des bonnes ou des mauvaises actions, ça va être ce qui va déterminer ton sort au Jour de la Résurrection.
Comme l’a dit le Prophète, au Jour de la Résurrection, la récompense ne sera pas mesurée avec de l’argent ou des dirhams.
Donc la question, c’est comment rattraper ce qui a été manqué ?
Généralement, si on a quelque chose et qu’on le perd ou qu’on l’épuise, c’est-à-dire qu’on n’en a plus, on a deux options.
Soit on va regretter, on va se morfondre sur notre sort, soit on va chercher un moyen de rattraper ce qui a été perdu.
Et évidemment, la deuxième option, c’est la meilleure et c’est ce qu’Allah nous demande de faire.
Donc qu’est-ce que le rattrapage ?
Comment rattraper ?
Donc rattraper, c’est un terme qui vient de suivre, attraper ou corriger.
Donc les savants, ils définissent le fait de rattraper comme un acte de réparer un défaut ou une erreur, que ce soit par une action ou bien par une parole.
Ça revient à corriger ce qui a été mal fait ou ce qui a été fait, mais de manière insuffisante.
La question, c’est :
Est-ce qu’il est possible de faire quelque chose pour rattraper ce qui a été manqué ?
Avant de répondre à cette question, on va réfléchir à deux choses.
La première, c’est le monde dans lequel on vit,
et la deuxième chose, c’est la religion avec laquelle on vit.
Le Prophète ﷺ il a invoqué, il demandait à Allah en disant :
« Ô Allah, améliore ma religion qui est le soutien de mon existence, et répare ma vie d’ici-bas où se trouve mon existence, et améliore ma vie dans l’au-delà qui est ma destination finale. »
La vie dans l’au-delà, elle sera dans l’au-delà. Mais cette vie, dans ce bas-monde, on a à la fois la religion et ce monde.
Donc l’un d’entre eux, forcément, va nous échapper avec le passage du temps.
Donc ça sera soit la religion, soit ce monde.
Et le Prophète ﷺ nous a enseigné comment équilibrer ces deux aspects.
Donc pour ce qui est du bas-monde, il nous a dit de regarder ceux qui sont moins que nous.
Allah dit selon la traduction rapprochée du verset, dans la sourate Taha :
« Ne porte pas ton regard vers ce que Nous avons donné comme jouissance temporaire à certains d’entre eux. »
Allah nous a ordonné de regarder ceux qui sont moins que nous.
Allah a appelé ce bas-monde une fleur, un ornement éphémère.
Forcément, il y a une partie qui va nous échapper.
Quant à la religion, le Prophète ﷺ nous a exhortés à regarder ceux qui sont meilleurs que nous.
Pourquoi ?
Pour qu’on s’efforce de se concurrencer dans le bien.
Il faut savoir qu’il est vrai que manquer quelque chose dans ce bas-monde ou dans la religion, forcément, ça engendre un sentiment de douleur, et personne n’est exempt de ce ressenti.
Si par exemple, on prend l’exemple de celui qui a l’habitude de prier al-fajr à l’heure, mais qui, pour une raison ou pour une autre, il la manque.
Son cœur, s’il est vivant, il ressentira une douleur intense et un profond regret.
Celui, par exemple, qui a l’habitude de jeûner les lundis et jeudis ou d’autres jours de jeûne méritoires, et qui, d’un coup, pour une raison ou une autre, il s’arrête de jeûner.
Forcément, il va ressentir un vide en lui et il va se souvenir de tous les bienfaits qu’il a perdus.
Donc manquer quelque chose dans ce bas-monde ou dans la religion, forcément, ça engendre un sentiment de douleur.
Mais toutes ces émotions, toutes ces douleurs, elles ont des significations, elles ont des objectifs. Et Allah, Il les a mises comme un baume pour les cœurs.
Donc oui, la douleur, c’est un remède, parce qu’il y a des choses qui ne peuvent être corrigées qu’avec leur contraire.
Quand on médite sur les histoires des compagnons et des pieux prédécesseurs, on voit que leur priorité, c’était d’accomplir de bonnes actions.
Les compagnons, ils se distinguaient par leur souci constant de rattraper ce qu’ils avaient manqué et de s’efforcer d’accomplir un maximum d’actes de bien, d’œuvres pieuses.
Même ceux qui sont entrés dans l’islam à un âge avancé comme 40, 50, 60 ans, ils posaient souvent des questions au Prophète sur les actes les plus aimés d’Allah.
Le fait qu’ils allaient voir le Prophète pour lui demander quels étaient les actes qu’Allah aimait, quels étaient les meilleurs actes à accomplir, on voit à travers ça le fait qu’ils s’empressaient à accomplir le bien et à réparer ce qu’ils avaient manqué.
Par exemple, Abdullah ibn Mas‘ud, il rapporte :
« J’ai demandé au Prophète ﷺ :
“Quel est l’acte le plus aimé d’Allah ?” »
Le Prophète ﷺ a dit :
« La prière en son heure. »
J’ai ensuite demandé :
« Et après cela ? »
Donc il a dit :
« La bonté envers les parents. »
Et ensuite, j’ai demandé :
« Et après ? »
Il a dit :
« Le combat dans le sentier d’Allah. »
Ce genre de questions, ça montre qu’ils avaient un désir profond de faire ce qui est le plus aimé d’Allah et qu’ils ne se contentaient jamais de peu.
Les compagnons, ils cherchaient toujours les moyens de surpasser les autres dans l’obéissance et dans les œuvres pieuses.
Quand par exemple, ils demandaient quelle est la meilleure prière, le Prophète ﷺ , il disait :
Celle où la récitation est longue.
Ensuite, on lui demandait quelle est la meilleure parole ?
Et donc il disait ﷺ :
celle qu’Allah a choisie pour Ses anges ou Ses serviteurs, SubhanAllah wa bihamdihi.
Ça montre qu’ils étaient constamment en quête pour atteindre ce qui est le plus aimé d’Allah.
Parfois, Shaytan, il peut nous occuper par des actions qui sont moins méritoires et nous distraire des actes qui sont plus méritoires.
Par exemple, Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Peut-être équivaut celui qui donne à boire aux pèlerins et celui qui entretient la Mosquée sacrée à celui qui croit en Allah et au Jour dernier et qui lutte dans le sentier d’Allah. »
Ce verset montre que toutes les bonnes actions, elles ne se valent pas.
Il y en a certaines qui sont bien plus élevées en récompense que d’autres, et donc c’est important de toujours essayer de viser les plus méritoires pour ne pas perdre son temps dans des actions qui sont secondaires.
Shaytan, quand il voit que la personne, elle est déterminée à accomplir le bien et qu’il ne peut pas l’empêcher d’accomplir le bien dans tous les cas, ce qu’il va faire, c’est passer à un autre niveau : c’est de lui faire accomplir des actes qui sont moins méritoires et de le distraire des actes qui sont plus méritoires, parce que les actions, elles ne se valent pas.
On en vient à la question : Comment rattraper ce qui a été manqué ?
La première chose, c’est changer son environnement.
Si on voit que l’environnement n’est pas propice, il est important d’y remédier.
Donc de nombreux compagnons, ils ont changé d’environnement pour préserver leur foi.
La foi, c’est ce que vous avez de plus précieux.
Si vous sentez que vous êtes dans un environnement où votre foi, elle est en danger, vous devez remédier à cela.
Les compagnons, ils fuyaient les lieux où ils ne pouvaient pas progresser et ils s’installaient là où ils pouvaient exceller dans l’adoration et dans les bonnes œuvres.
Si votre environnement actuel vous freine, s’il vous distrait, changez-le pour un environnement qui vous pousse vers le bien.
Ça peut être l’environnement, ça peut être aussi l’entourage. Donc ce n’est pas forcément obligatoire de changer d’endroit, ça peut être aussi changer d’entourage.
Aussi, ce qui est important, c’est de participer à des activités qui sont bénéfiques pour votre foi, bénéfiques pour votre au-delà.
Comme par exemple, vous pouvez participer à des cercles de science, d’apprentissage, vous inscrire dans des programmes qui vont enrichir votre foi, vous engager dans des actes de bienfaisance.
Ça peut grandement aider à compenser le temps qui a été perdu.
Ensuite, on a le repentir.
Le repentir, c’est une clé essentielle pour rattraper ce qui a été manqué.
Allah, Il transforme les péchés en bonnes actions pour celui qui se repent, mais qui se repent sincèrement.
Ça nous montre tout simplement qu’il n’est jamais trop tard pour rattraper son passé.
Mes sœurs, ne perdez jamais espoir.
Même si vous sentez que le temps, il a passé et que les opportunités, elles sont derrière vous, ne perdez pas espoir.
Il y a des personnes qui peuvent vous décourager et vous dire :
« Mais dans tous les cas, pour toi, c’est trop tard. »
Mais sachez que l’histoire de l’islam, elle regorge d’exemples de personnes qui ont accompli de grandes choses à un âge avancé.
Ibn Hazm, qui est devenu un imam, il faut savoir qu’il a commencé à rechercher la science à 26 ans.
Ibn Hajar, il a été un grand savant après des années d’ignorance.
Pour rattraper le temps perdu, il faut tout d’abord ne pas désespérer et savoir que même si vous avez perdu du temps, même si vous avez des opportunités qui sont passées, ce n’est jamais trop tard.
Ne vous contentez pas de ce que vous avez déjà accompli.
Regardez vos lacunes, analysez-les et travaillez pour les améliorer et pour les combler.
Chaque opportunité de bien, il faut savoir qu’il faut la saisir. Il faut la saisir et il ne faut pas la laisser s’échapper.
Vous devez avoir une mentalité de compétition dans le bien.
Comme on voit qu’Allah a loué, Allah a élogé cette femme Ishaa’ pour la raison qu’elle s’empressait et qu’elle se concurrençait dans le bien.
Il faut se rappeler que la rivalité dans les bonnes actions, c’est ce qui va nous pousser à progresser et à exceller.
Ne vous comparez pas à ceux qui font peu, mais comparez-vous à ceux qui font plus pour être toujours motivé à aller de l’avant et à vous améliorer.
Et gardez, je le répète, gardez à l’esprit qu’il n’est jamais trop tard pour changer et pour progresser. Avec une intention sincère et des actions constantes, Allah, Il facilitera votre chemin et Il va vous aider à rattraper tout ce que vous avez manqué.
Mes sœurs, il faut savoir que nous sommes les filles d’une grande tradition.
Quand je dis filles d’une grande tradition, ça signifie que vous, en tant que femmes musulmanes, en tant que croyantes, vous êtes héritières d’un héritage religieux, d’un héritage intellectuel, d’un héritage moral qui est noble, qui est ancré dans l’islam et qui a été transmis par des générations de croyantes, mais pas n’importe quelles croyantes : de croyantes exemplaires.
Tout d’abord, ça fait référence à la Sunnah du Prophète ﷺ .
Vous suivez, en tant que femmes croyantes, la voie tracée par le Prophète ﷺ et celle des femmes pieuses qui l’ont accompagné comme Khadija, Aïcha, Fatima, Hafsa et les femmes des générations suivantes.
Ces femmes, elles étaient des modèles d’adoration, des modèles de science, des modèles de générosité, de courage.
Ensuite, ça fait référence aussi à la tradition de la piété.
Vous appartenez à une communauté qui valorise la relation avec Allah, qui valorise l’adoration sincère et les bonnes œuvres.
Des femmes pieuses comme Ishaa’, la femme de Zakaria, elles sont des exemples de foi et d’empressement au bien.
Ce sont des exemples, des femmes dont on doit tirer des leçons et des modèles.
Regardez autour de vous tout ce que vous avez :
votre corps,
votre cœur,
Votre temps,
tout ça, ce sont des dépôts d’Allah, des cadeaux qu’Il vous a confiés.
La question, c’est :
Qu’est-ce qu’on fait avec ces dépôts ?
Est-ce qu’on les remplit de lumière, de science, de dhikr et d’œuvres pour Sa cause, ou bien on les laisse se vider dans la négligence et dans les distractions d’un monde qui est éphémère ?
L’empressement au bien, mes sœurs, ce n’est pas juste une qualité noble, c’est une nécessité pour nos âmes.
Allah a dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Et précipitez-vous vers un pardon de votre Seigneur et un paradis aussi vaste que les cieux et la terre. »
Précipitez-vous, parce que le paradis, il ne se gagne pas avec la lenteur, mais avec une ardeur sincère.
Précipitez-vous, parce que chaque jour, c’est une page blanche.
Chaque jour, c’est une opportunité d’écrire votre propre livre, votre livre qui vous sera remis soit dans la main droite, soit dans la main gauche, le jour où les regards seront figés.
Rappelez-vous l’exemple de nos pieuses prédécesseures et regardez comment elles œuvraient, regardez comment elles s’empressaient à accomplir le bien, regardez comment elles se levaient avant l’aube, comment elles combattaient leur âme pour accomplir les actes d’adoration, comment elles donnaient avec générosité, avec constance. Elles savaient que le véritable retour n’était pas ici-bas, mais qu’il est dans les jardins éternels, dans les jardins du Paradis.
Elle savait que chaque pas vers le bien est un pas vers la lumière d’Allah.
Mes sœurs, ne laissez pas la procrastination vous voler vos bénédictions.
Ne laissez pas les distractions du quotidien vous éloigner de l’essentiel.
Commencez petit, mais commencez avec constance.
Une prière accomplie avec présence,
une main tendue vers une sœur dans le besoin,
un apprentissage sincère pour se rapprocher d’Allah en comprenant Sa religion,
un sourire authentique pour apaiser un cœur.
Aussi simples soient-ils, tous ces actes construisent votre chemin vers Allah.
Faites-les avec amour, avec crainte et avec espoir.
L’amour d’un Seigneur qui vous a donné la foi, la vie et la possibilité de vous corriger.
La crainte de manquer Son agrément ou de perdre les bénédictions qu’Il vous accorde. Et l’espoir qu’Il accepte vos efforts,
qu’Il pardonne vos péchés et qu’Il vous guide toujours vers Lui.
L’espoir d’avoir encore le souffle pour dire astaghfirullah,
encore le temps pour dire subhanallah,
encore la force pour faire un pas vers Lui.
Si vous trébuchez, relevez-vous.
Si vous êtes fatiguées, reposez-vous sur Sa promesse dans le Coran :
« Et ceux qui luttent pour Nous, Nous les guiderons assurément sur Nos chemins. »
Mes sœurs, sachez que vous êtes capables, parce qu’Allah vous a choisies.
Il vous a guidées jusqu’ici.
Soyez des femmes qui accourent vers le bien, comme les femmes pieuses qui nous ont précédées, et comme celles que vous inspirez autour de vous, parfois sans même le savoir.
Je demande à Allah qu’Il vous renforce, qu’Il illumine vos vies de Sa lumière.
Et soyez certaines d’une chose :
chaque effort, chaque larme,
chaque lutte contre votre âme,
Allah — Celui qui voit tout — Al Basir, les voit.
Retranscription fidèle, mot par mot, du cours de Sarah — Minhaj as Salikaat
