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Au nom d’Allah, et que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah,
sur sa famille, ses compagnons et ceux qui le prennent pour allié. Ceci dit :
Aujourd’hui, nous poursuivons le récit de Maryam.
Elle est Maryam, la fille d’Imran, fils de Yasheham, qui était issu de la descendance de Sulayman, le prophète Sulayman, le fils du prophète Daoud, qui était le fils de Ya’qoub, fils d’Ishaq, fils d’Ibrahim alayhi salam.
Sa mère, c’était Hanna. Hanna qui était, comme on a vu dans le cours précédent, une femme pieuse et dévouée à l’adoration d’Allah. Une femme dont Allah a loué la sincérité.
On va tout d’abord parler de l’enfance de Maryam. Comment elle a grandi et l’environnement dans lequel elle a grandi.
Quand on médite sur l’histoire de Maryam alayha salam, on constate une chose, c’est que la foi, elle est profondément enracinée dans sa personnalité, dans sa manière d’agir, dans sa manière de se comporter face aux épreuves et face aux décrets d’Allah.
On voit que la croyance correcte (la ‘aqida as-sahiha as-salimah), a été le fondement sur lequel s’est construite la maison où elle est née.
Son père et sa mère, Imran et Hanna, ils avaient atteint un haut degré de piété et de sincérité. On le voit à travers son histoire et surtout son enfance.
Allah, comme on a vu dans le cours précédent, Il a accepté l’offrande de sa mère, Hanna, quand elle a offert sa fille Maryam par dévotion.
Et ensuite, Il lui a accordé donc une bonne éducation, que ce soit sur le plan moral ou physique.
Allah, Il l’a protégée, elle ainsi que sa descendance, contre Shaytan, en empêchant Shaytan d’avoir un quelconque accès, une quelconque emprise sur eux.
C’est l’invocation qu’avait faite Hanna, comme on a vu dans le cours dernier, en faveur de sa fille.
C’est ce qu’elle avait demandé à Allah pour sa fille. Elle lui avait demandé qu’Allah la protège de Shaytan, elle ainsi que sa descendance.
À ce propos, Abu Hurayra rapporte : j’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Tout enfant d’Adam, lorsqu’il naît, est touché par Shaytan, ce qui lui fait crier sous l’effet de ce moment lorsque Shaytan le touche, à l’exception de Maryam et de son fils. »
Et Abu Hurayra a rajouté le verset, la traduction a rapprochée du verset :
« Et en vérité, je la place, elle et sa descendance, sous Ta protection contre Shaytan le maudit. »
Ensuite, Allah a choisi le prophète Zakaria pour être son tuteur, pour être le tuteur de Maryam, pour être celui qui allait s’occuper d’elle, son responsable.
Il l’a prise sous sa protection pour qu’elle puisse s’inspirer de sa manière d’adorer Allah, qu’elle puisse s’inspirer de son savoir, de son adoration, de sa dévotion, de sa piété.
Zakaria, il a été pour Maryam un éducateur exemplaire et un réformateur.
Elle a grandi dans une éducation religieuse et morale.
Et tout ça, ça l’a aidée à perfectionner sa personnalité, ça a corrigé ses paroles, ses actes, et ça a favorisé le développement de toutes ses qualités.
Zakaria alayhi salam, il a construit pour elle une sorte de sanctuaire isolé dans la mosquée.
Maryam y était constamment. Elle se consacrait dans cet endroit à l’adoration et au dévouement à Allah.
Par cette dévotion, par cette adoration, elle a atteint un degré très élevé de piété et son nom, correspond à ses actes. Comme on a vu la dernière fois dans le cours, son nom n’a pas été choisi sans raison. Maryam, le nom a été choisi en conformité avec les aspirations de sa mère.
Allah a honoré Maryam de Ses bienfaits, en lui accordant sa subsistance directement. C’est-à-dire que la subsistance lui venait.
Et quand Zakaria lui demandait quelle était l’origine de sa subsistance, elle répondait avec confiance en Allah et une certitude inébranlable. Elle disait, comme ça a été mentionné dans la traduction rapprochée du verset :
« Cela vient d’Allah. Allah accorde Ses dons sans compter à qui Il veut. »
Maryam aussi, durant son enfance, elle a été témoin du miracle qu’Allah a accordé au futur mari de sa tante, Zakaria, quand Il lui a donné son enfant, quand Il lui a donné Yahya, malgré son âge avancé et aussi la stérilité de son épouse.
On va voir cela dans le récit de Ishaa’, qui était la femme de Zakaria.
Maryam a été témoin de cet événement. Elle a été témoin de ce miracle où Allah a donné Yahya à Zakaria malgré qu’il était âgé et que sa femme ne pouvait pas enfanter.
Tout cela, c’est des choses qui ont renforcé sa certitude qu’Allah est capable de toute chose, même en l’absence de causes humaines et habituelles.
Ça nous montre que la pureté et l’adoration ont enveloppé Maryam dès lors qu’elle était dans le ventre de sa mère et ce jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge adulte.
Ensuite, Allah, Il a choisi Maryam à plusieurs reprises et les anges lui ont parlé directement.
Donc la traduction rapprochée du verset :
« Et lorsque les anges dirent : “Ô Maryam, certes Allah t’a élue et purifiée et Il t’a élue au-dessus des femmes des mondes.” »
La première des choses, c’est qu’Allah, Il l’a tout d’abord élue et Il l’a choisie pour Son adoration.
Il l’a comblée de Ses faveurs et Il l’a honorée. Il l’a purifiée des impuretés morales, religieuses et corporelles.
La deuxième des choses, c’est qu’Allah, Il l’a élue une deuxième fois au-dessus des femmes des mondes, que ce soit celles de son époque ou de tous les temps. La raison de ça, c’était la supériorité de son adoration.
Ensuite, son caractère unique à avoir donné naissance à un enfant sans qu’aucun homme ne l’ait touchée.
C’est une chose qu’aucune femme n’a partagée avec elle.
C’est la seule femme qui a donné naissance à un enfant sans l’intervention d’un homme.
C’est des faits qui nous montrent qu’Allah l’a élue par-dessus les femmes des mondes.
Et aussi, une chose qui lui est spécifique, c’est que dès son enfance, elle a été vouée exclusivement à Allah. Sa mère l’avait donnée en offrande à Allah. Et ça, c’est une chose qui n’avait jamais été faite pour une autre femme.
Ensuite, comme le fait qu’Allah l’avait choisie, Il l’avait purifiée plusieurs fois, donc tout ça, c’est une grande bénédiction d’Allah.
Forcément, ça nécessite une grande reconnaissance.
Les anges lui ont alors ordonné de s’efforcer dans une adoration constante envers son Seigneur. Son Seigneur qui l’avait comblée de dons et de faveurs exceptionnelles.
La traduction rapprochée du verset :
« Ô Maryam, sois dévouée à ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent. »
Tout ce qui a précédé, toute l’enfance de Maryam, l’environnement dans lequel elle a grandi, tout ça, c’est des étapes qui ont constitué la première phase de la préparation de Maryam pour recevoir le souffle divin, l’insufflation d’Allah.
Donc dans la première phase, elle voyait la subsistance d’Allah s’écouler abondamment sur elle dans son sanctuaire, sans qu’elle ou une autre personne n’y ait à faire un quelconque effort pour l’obtenir.
Ça a renforcé sa certitude, comme elle l’a dit et comme c’est mentionné dans la traduction rapprochée du verset : « Allah attribue Ses dons sans compter à qui Il veut. »
La deuxième chose, c’est que dans la seconde phase, elle a été témoin de la naissance de Yahya, qui a été accordé à Zakaria, sans les causes habituelles connues des humains, puisqu’il avait un âge avancé et que sa femme était stérile.
Dans la troisième phase, les anges se sont adressés directement à elle et lui ont annoncé son élévation et sa purification et lui ont ordonné de persévérer dans l’adoration et d’y être assidue.
Tout ça, c’est les phases qui l’ont préparée à recevoir l’insufflation d’Allah.
La dernière étape, c’est l’annonce de la grossesse de Issa.
La traduction rapprochée du verset, lorsque les anges disent : « Ô Maryam, certes Allah t’annonce une parole de Sa part », c’est-à-dire un enfant.
La traduction rapprochée du verset, c’est « parole ». Donc parole dans le verset c’est kalima.
c’est-à-dire un enfant sans père, mais venant d’une parole d’Allah qui est « kun ». Donc certes Allah t’annonce une parole de Sa part, c’est-à-dire un enfant. Son nom sera donc Al-Masih, Issa ibn Maryam, illustre ici-bas comme dans l’au-delà et l’un des rapprochés d’Allah. Il parlera aux gens dans le berceau et à l’âge mûr, et il sera du nombre des vertueux.
C’est une annonce forcément réjouissante pour Maryam, parce qu’on lui annonce la place de son fils auprès de son Seigneur, mais aussi le miracle qui va accompagner sa naissance et le haut rang qui va lui être attribué.
Mais c’est une surprise assez étonnante, c’est-à-dire qu’elle se demande comment est-ce qu’elle peut avoir un enfant sans l’intervention d’un homme, sans époux.
Elle exprime en fait son étonnement aux anges.
Elle dit, comme c’est mentionné dans le Coran, la traduction rapprochée du verset :
« Et comment aurais-je un fils alors qu’aucun homme ne m’a touchée ? »
À peine elle pose cette question que la réponse lui parvient pour dissiper son interrogation et sa surprise.
La traduction rapprochée de la suite du verset : « c’est ainsi, Allah crée ce qu’Il veut. Quand Il décide une chose, Il lui dit seulement : “Sois”, et elle est. »
À cet instant, son cœur s’apaise et sa certitude en la capacité d’Allah de faire ce qu’Il veut, elle est à son comble.
Pourquoi ?
La question qu’on se pose à ce moment, c’est pourquoi elle a immédiatement accepté le destin d’Allah ?
Pourquoi son cœur s’est immédiatement apaisé ?
Pourquoi sa certitude en la capacité et la force d’Allah à faire ce qu’Il veut, elle était aussi forte ?
La réponse, c’est à cause de tout ce qui a précédé, son éducation vertueuse.
De là, de cette éducation, ont émergé les fondements, des bases solides sur lesquelles la personnalité de Maryam, elle s’est construite.
Une croyance saine, des vertus morales exemplaires qu’elle a acquises tout au long de son enfance et de sa vie.
Lorsque le moment était venu, ensuite, et surtout voulu par Allah pour qu’elle enfante son fils, Il lui envoya l’ange Jibril, qui l’a étonnée en apparaissant dans l’endroit isolé où elle s’était retirée loin de sa famille.
Maryam, elle s’était retirée, elle avait fait le choix de se retirer dans un endroit isolé loin de sa famille pour se consacrer pleinement à l’adoration et au dévouement constant.
Donc ce moment, en fait, il coïncidait avec le moment où elle avait pris un voile pour se séparer de sa famille.
Jibril lui est apparu sous la forme d’un homme beau, sous la forme d’un homme parfait. Donc Allah dit, selon la traduction approchée du verset à ce sujet : « Et mentionne dans le Livre Maryam, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l’orient. Elle mit entre elle et eux un voile. Alors Nous lui envoyâmes Notre Esprit, donc Jibril, qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait. »
Donc Maryam, quand elle a vu cet homme, elle a été terrifiée, elle a eu peur.
Elle pensait qu’il allait lui porter atteinte, qu’il allait porter atteinte à sa vie ou à son honneur.
Elle comprit, à ce moment-là, que seul Allah pouvait détourner son chemin de tout mal.
Maryam, elle était habituée à se rappeler de son Seigneur dans toutes ses situations, qu’elles soient faciles ou difficiles, comme toute croyante devrait l’être en réalité.
Étant donné qu’elle était habituée à se rappeler d’Allah dans toutes les situations, dans toutes les circonstances, elle s’est alors réfugiée immédiatement dans la protection d’Ar-Rahman, le Miséricordieux, contre cet homme.
Donc elle dit, comme ça a été mentionné dans la traduction rapprochée du verset : « Je me réfugie auprès du Miséricordieux contre toi si tu es pieux. »
Si on médite le verset, on analyse le verset comme l’ont fait les spécialistes du tafsir, elle n’a pas dit « Je me réfugie auprès d’Allah », mais elle a choisi volontairement de mentionner le Nom d’Allah « Ar-Rahman », le Miséricordieux.
Elle a dit : « Je me réfugie auprès du Miséricordieux. »
Pourquoi ?
Parce que dans cet instant critique, elle avait grandement besoin de la miséricorde de son Seigneur, que son Seigneur prenne en considération sa faiblesse et qu’Il l’éloigne de tout mal.
C’est la première des raisons pour laquelle elle a mentionné le Nom d’Allah « Ar-Rahman », le Miséricordieux.
La deuxième raison, c’est que ça servait aussi à rappeler à cet homme, que cet homme qu’elle pensait être, mais qui ne l’était pas en réalité puisque c’était Jibril.
Ça lui servait à lui rappeler la nécessité d’avoir de la miséricorde envers elle, en lui transmettant le message de ne lui faire aucun mal, d’autant plus qu’elle était seule et qu’elle était éloignée de sa famille.
Ensuite, elle lui a dit : « Je me réfugie auprès du Miséricordieux contre toi si tu es pieux. »
Maryam, elle a aussi cherché à éveiller la piété dans son cœur, la piété dans le cœur de cet homme, en lui disant « si tu es pieux ».
Pourquoi ? Parce que Maryam, elle savait que rien ne retient une personne de commettre des interdits comme la piété.
Donc la position de Maryam dans cette situation, elle nous montre une immense leçon de piété et de chasteté pour les croyantes.
Pourquoi ?
Parce que si ce n’était pas la piété, la chasteté et la crainte d’Allah, qu’est-ce qui l’aurait empêchée de commettre un acte interdit alors qu’elle était une jeune femme isolée, éloignée des regards de sa famille et des gens de manière générale, face à un homme dans la plus belle des apparences, comme l’a rédigé le Coran, et seule avec lui ?
La seule chose qui l’en a empêchée, c’était sa piété, sa chasteté et la crainte du Tout-Puissant qui observe Ses serviteurs.
Jibril, lui, il s’est présenté à elle. Il a ensuite précisé son identité et la mission pour laquelle il avait été envoyé.
Il dit, comme ça a été mentionné dans le Coran, la traduction rapprochée du verset :
« Je suis en réalité un messager de ton Seigneur pour te faire don d’un fils pur. »
Les savants du tafsir, ils disent que Jibril, alayhi salam, il a choisi d’exprimer l’idée de la seigneurie, c’est-à-dire « un messager de ton Seigneur ».
Donc il a exprimé la seigneurie en ajoutant le pronom personnel « ton » à « ton Seigneur ».
Pourquoi ?
Pour honorer Maryam, pour la consoler et pour lui montrer la sagesse de la décision d’Allah. Le don de cet enfant faisait partie de la mission d’éducation et de la préparation qu’Allah lui avait réservée.
Et aussi, il a choisi d’utiliser la seigneurie avec le pronom personnel, donc ton Seigneur, pour la rassurer, c’est-à-dire son Seigneur qui prend soin d’elle, qui la protège, son Seigneur qui la préserve, son Seigneur qui la garde, son Seigneur était à ses côtés. Alors pourquoi avoir peur ?
Ensuite, Maryam, elle a interrogé Jibril, non pas pour contester le décret d’Allah, mais par étonnement face à cette chose qui allait se produire en dehors des lois, des règles, des habitudes humaines et habituelles.
Elle a dit, comme c’est mentionné dans la traduction rapprochée du verset :
« Comment aurais-je un fils alors qu’aucun homme ne m’a touchée et que je ne suis pas une femme impudique ? »
Donc aucun homme ne m’a touchée, je ne suis pas mariée et je ne suis pas une femme impudique pour avoir une relation et donc un enfant hors mariage.
Jibril lui dit, comme c’est mentionné dans la traduction rapprochée du verset :
« C’est ainsi, dit ton Seigneur, cela m’est facile. Et nous ferons de lui un signe pour les gens et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décrétée. »
C’était une chose qui était déjà inscrite dans al-lawh al-mahfouz, donc dans la Tablette préservée. Et Celui qui l’a décrétée, Celui-ci est capable de tout accomplir.
À cet instant, Maryam, elle s’est entièrement soumise au décret d’Allah. Elle a mis son affaire entre Ses mains et elle Lui a confié entièrement l’administration et la gestion de la suite des événements.
Jibril, il a alors soufflé en elle par l’ordre d’Allah et donc elle conçut Issa, alayhi salam, avec ce souffle.
Allah, Il a ensuite fait son éloge pour sa chasteté et sa pureté.
Il a dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Et Nous avons exalté celle qui a gardé sa chasteté. Nous insufflâmes en elle de Notre esprit et Nous fîmes d’elle et de son fils un signe pour les mondes. »
Et encore, la traduction rapprochée d’un autre verset : « Et Maryam, la fille d’Imran, qui a gardé sa chasteté. Nous insufflâmes en elle de Notre esprit. Elle crut aux paroles de son Seigneur et à Ses Écritures, et elle était parmi les dévouées. »
Donc elle avait gardé sa chasteté tant dans ce qui est permis que dans ce qui est interdit, d’une manière digne d’être mentionnée, d’une manière digne d’être rappelée dans le Coran, et ce pour l’éternité.
Elle s’était préservée de tout mal par une pureté qui ressemblait en réalité à une forteresse imprenable face à l’ennemi.
Elle s’était détachée des plaisirs terrestres et des désirs pour se consacrer entièrement à Allah par l’adoration et par le dévouement.
Sa grossesse sans l’intervention d’un homme, ça a été un signe parmi les signes d’Allah, un honneur pour elle et une miséricorde qu’Il lui a accordée en l’élevant au-dessus des femmes de ce monde par ce miracle.
Ensuite vient le moment de l’accouchement.
Au moment de l’accouchement, quand la douleur la poussait à se réfugier contre le tronc d’un palmier desséché, Maryam, elle a exprimé le souhait de mourir.
À cause de la douleur,de la peur et de l’anxiété de ce qui allait suivre, elle a exprimé la volonté de mourir.
La traduction rapprochée du verset : « Que je fusse morte avant cet instant et que je fusse totalement oubliée. »
Malgré cette parole, il est évident que son souhait de mourir, ça ne venait pas d’une panique face au décret d’Allah, ni d’un désespoir de Sa miséricorde, elle qui était une Siddiqah, donc une grande véridique et une croyante sincère.
Mais ces paroles, elle les a dites sous l’effet de plusieurs douleurs.
La première, c’est la douleur physique de l’accouchement.
La deuxième, c’est l’angoisse de se retrouver seule, sans nourriture et sans boisson.
La troisième, c’est la souffrance de son cœur face aux accusations et aux calomnies potentielles de son peuple.
En fait, elle avait peur, elle craignait de ne pas pouvoir supporter tout ça avec patience.
Maryam, elle avait peur que son peuple pense du mal d’elle et donc tombe dans le péché en l’accusant injustement ou en portant atteinte à son honneur.
Mais son nouveau-né, Issa, le prophète ﷺ Issa alayhi salam l’a appelé après sa naissance.
La traduction rapprochée du verset : « Alors il l’appela d’en dessous d’elle : “Ne t’afflige pas, ton Seigneur a placé à tes pieds un ruisseau. Secoue vers toi le tronc du palmier, il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et réjouis-toi. Si tu vois quelqu’un, dis : j’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux et je ne parlerai aujourd’hui à aucun humain.” »
Allah, Il a fait couler un ruisseau sous elle et Il a fait pousser des dattes fraîches et tendres qui tombaient à côté d’elle dès qu’elle secouait le tronc du palmier.
Ça se produisait quand elle faisait l’effort de secouer le tronc.
Ici, une parenthèse : on sait qu’Allah, Il aurait pu faire tomber les fruits sans qu’elle ne fasse aucun effort, sans qu’elle ne secoue le palmier.
Mais il faut savoir que ce commandement de secouer le tronc pour que les dattes tombent, c’est une indication sur l’importance d’associer les causes aux effets dans la vie humaine, alors qu’Allah est évidemment capable d’agir sans cause.
Ces deux miracles, la source d’eau et les dattes fraîches, ça a été un réconfort pour le cœur de Maryam.
Ça nous démontre qu’elle était préservée de tout acte blâmable et que sa grossesse sans homme n’était pas surprenante dans le cas si particulier de Maryam.
Maryam, elle a accepté le décret d’Allah. Elle a rassemblé sa force et son courage avec son enfant. Après la naissance de son enfant, elle a fait preuve de courage et elle est revenue vers son peuple en portant son enfant dans les bras.
Donc la traduction rapprochée du verset : « Elle vint auprès des siens en le portant. »
Cet acte, c’est une preuve de sa certitude en Allah et de sa constance face aux épreuves.
Ensuite, quand son peuple l’affronta, forcément, ils l’ont réprimandée et ils l’ont accusée d’avoir commis une faute grave.
Ils ont dit, comme ça a été mentionné dans la traduction rapprochée du verset :
« Ô Maryam, tu as certainement fait une chose monstrueuse. »
Ils se sont étonnés qu’elle, cette adoratrice, elle ait pu commettre un tel acte malgré sa pureté morale et aussi la noblesse de ses parents.
Ils ont dit, comme c’est mentionné dans la traduction rapprochée du verset suivant :
« Ô sœur de Haroun, ton père n’était pas un homme mauvais et ta mère n’était pas une femme impudique. »
Maryam, elle n’a pas répondu à ces accusations. Elle a respecté le silence qu’Allah lui avait imposé. Elle avait fait cet engagement envers Allah de garder le silence.
C’est mentionné dans le verset le jeûne, mais il faut savoir que le jeûne signifie l’abstinence. Ce n’est pas l’abstinence de manger et de boire, mais dans ce verset-là, dans ce contexte, c’était l’abstention de parler.
La traduction rapprochée du verset :
« Si tu vois un être humain, dis : j’ai voué un jeûne au Miséricordieux et je ne parlerai aujourd’hui à aucun homme. »
Elle a remis son affaire à Allah, elle s’est éloignée de toutes ces paroles offensantes et de ces accusations qui touchaient à son honneur.
Et elle avait confiance en la promesse d’Allah et elle avait la certitude qu’Allah allait la secourir.
Qu’est-ce qu’elle a fait ?
Elle a seulement pointé son enfant du doigt.
La traduction rapprochée du verset : « Alors elle fit signe vers lui. »
Son peuple a été surpris et ils ont dit :
« Comment allons-nous parler à un enfant dans un berceau ? »
Et c’est alors que Issa, alayhi salam, par un miracle d’Allah, parla en étant nouveau-né et dit, donc la traduction rapprochée du verset :
« Je suis le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné prophète. Il m’a béni partout où je serai et Il m’a recommandé la prière et l’aumône tant que je vivrai, et d’être bon envers ma mère. Il ne m’a pas rendu arrogant ni malheureux. Et que la paix soit sur moi le jour où je suis né, le jour où je mourrai et le jour où je serai ressuscité vivant. »
Ces paroles, c’est un miracle en réalité.
Ça a été une preuve de l’innocence de Maryam et surtout de la véracité de la promesse d’Allah.
Quand son peuple a entendu les paroles du nouveau-né, d’Issa, ils ont directement reconnu la pureté et l’innocence de Maryam, après qu’ils aient cru qu’elle se moquait d’eux en leur désignant l’enfant dans le berceau.
Allah, Il a élevé son rang, Il l’a louée, Il l’a mentionnée dans le Coran avec des éloges. Il lui a accordé le statut de Siddiqah, grande véridique.
Pourquoi ?
Pour sa foi sincère dans Ses ordres et pour sa parfaite soumission et sa certitude.
Allah dit à son sujet, la traduction rapprochée du verset :
« Et sa mère était une grande véridique, et elle crut aux paroles de son Seigneur et à Ses ordres, et elle était parmi les dévouées. »
Et le Prophète ﷺ nous a aussi informés que Maryam faisait partie des meilleures femmes du Paradis. Il a dit : » les meilleures femmes du Paradis sont Maryam, fille d’Imran, et Khadija. «
Maryam, elle a été honorée par Allah et par Son messager. Et son rang, il a été élevé parmi les croyants en tant que modèle de pureté, de foi et de soumission à Allah.
Cette histoire de Maryam, elle est en réalité une lumière, une lumière qui illumine le chemin de toute femme croyante.
Allah, Il a choisi Maryam, Il l’a purifiée, Il l’a élevée au-dessus des femmes des mondes, non pas par richesse, par beauté, par statut social, mais par sa foi, par sa dévotion et sa chasteté.
Maryam, elle est et elle restera un modèle de piété et de dignité.
On voit ça à travers sa dévotion, ce lien profond qu’elle avait avec Allah. Maryam, elle a consacré sa vie à l’adoration de son Seigneur.
Dans son sanctuaire, elle trouvait la sérénité, elle trouvait la proximité avec Allah. Malgré les épreuves, malgré les difficultés, son cœur, il était rempli de confiance en Allah et son cœur, il reflétait une certitude inébranlable.
On voit ça lorsqu’elle a dit :
« Cela vient d’Allah, Allah attribue Ses dons sans compter à qui Il veut. »
Ma sœur, prends exemple sur sa dévotion. Fais de ton foyer un lieu de rappel d’Allah, d’adoration et de prière.
Même dans les moments les plus difficiles, souviens-toi que ta force, elle provient de ton lien avec ton Seigneur :
La prière, le dhikr, la lecture du Coran, ce ne sont pas de simples actes, ce sont des piliers qui vont stabiliser ton cœur et qui vont renforcer ton âme.
Ensuite, Maryam, elle est l’exemple parfait de la chasteté, l’exemple parfait de la pureté.
Face à cette épreuve immense de sa grossesse miraculeuse, elle a gardé confiance en Allah.
Elle a choisi de garder le silence.
Elle a laissé la vérité se défendre par les signes d’Allah.
Son attachement à la pudeur et à la chasteté, c’est en réalité une leçon pour chaque femme.
Mes sœurs, la chasteté, c’est une couronne d’honneur.
Préservez-la avec fierté et considérez-la comme un trésor précieux.
Et surtout, soyez conscientes que votre valeur, elle ne se mesure pas au regard ou au jugement des autres, mais à votre proximité avec Allah et surtout à la manière dont vous vous soumettez à Ses commandements.
Ensuite, à travers sa patience face aux épreuves, on voit à travers son histoire une confiance immense.
Maryam, elle a été confrontée à des accusations et au soupçon de son peuple.
Mais elle a choisi de placer sa confiance en Allah.
Elle a accepté Son décret avec humilité et elle a vu la justice d’Allah se manifester par les paroles miraculeuses de son fils.
Donc mes sœurs, sachez que vous serez forcément confrontées à des épreuves dans cette vie.
Et ces épreuves, ne les voyez pas comme des punitions, mais comme des opportunités d’élévation auprès d’Allah.
Soyez patientes, placez votre confiance en Allah et sachez qu’Il ne délaisse jamais Sa servante sincère et fidèle.
Pour finir, Maryam, c’est un exemple pour toutes les générations.
Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Et Nous avons exalté celle qui a gardé, qui a préservé sa chasteté. Nous avons insufflé en elle de Notre esprit et Nous avons fait d’elle et de son fils un signe pour les mondes. »
Maryam, ce n’est pas qu’une simple figure historique comme ça peut l’être dans d’autres communautés.
Non, dans d’autres communautés, dans d’autres religions, elle est un modèle pour chaque femme qui aspire à la piété, chaque femme qui aspire à la pureté, à la dignité.
Suivre son exemple, c’est garantir votre élévation dans cette vie et surtout dans l’au-delà.
Mes sœurs, prenez Maryam comme exemple dans vos adorations, dans vos difficultés, dans votre quotidien.
Soyez des femmes de foi, des femmes dignes, des femmes dévouées, et sachez qu’Allah est avec celles qui placent leur confiance en Lui.
Je demande à Allah qu’Il vous guide ainsi qu’à moi, qu’Il vous honore comme Il a guidé et honoré Maryam.
Retranscription fidèle, mot par mot, du cours de Sarah — Minhaj as Salikaat
