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Au nom d’Allah, et que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah,
sur sa famille, ses compagnons et ceux qui le prennent pour allié. Ceci dit :
C’est des histoires tirées du Coran, donc des femmes dont l’histoire a été mentionnée dans le Coran.
Aujourd’hui, l’histoire que nous allons voir, c’est celle de deux femmes, deux sœurs.
Les noms en français, Sephora et Léa.
Le thème de cette histoire sera la pudeur et la chasteté.
Ces deux femmes sont les filles du sheikh, donc du vieil homme de Madian.
Ce sont deux femmes croyantes et pieuses.
Il a été rapporté que l’une s’appelait Sephora et la deuxième Léa.
Ça a été mentionné notamment par Al-Alusi dans Ruh al-Ma’ani et l’imam Al-Qurtubi dans Al-Jami’ li -Ahkam al-Qur’an.
Mais comme je dis souvent, il n’est pas possible d’affirmer l’authenticité de ces noms.
Donc ça, c’est pour leurs noms à elles.
Quant à leur père, il y a également une divergence sur son nom. Certains ont dit qu’il s’agissait du prophète Shu’aib, donc c’est notamment ce qu’a dit l’imam Al-Qurtubi dans le livre que j’ai mentionné précédemment, Al-Jami’ li-Ahkam al-Qur’an.
Et d’autres ont dit qu’il s’agissait tout simplement d’un homme croyant parmi le peuple de Shu’aib.
C’est notamment ce qu’a dit l’imam Ibn Kathir dans son ouvrage Qisas Al-Anbiya.
Pour résumer, l’imam Al-Tabari رَحِمَهُ ٱللّٰهُ a dit ceci : « le fait que ce soit ou non le prophète Shu’aib ne peut être su qu’avec un texte, et il n’y a pas de texte affirmant cela. »
Donc ce n’est pas possible d’affirmer que leur père était Shu’aib, même si beaucoup de savants du tafsir ont dit qu’il s’agissait du prophète ﷺ Shu’aib, comme l’imam Al-Qurtubi.
Les versets qui les concernent dans le Qur’an, c’est dans sourate Al-Qasas,
et c’est du verset 23 au verset 28.
«Lorsqu’il arriva au point d’eau à Madian »
Lorsqu’il arriva, c’est-à-dire Moussa — ça concerne le prophète Moussa alayhi salam —donc Madian en Palestine,
(23) Lorsqu’il arriva au point d’eau à Madian il y trouva un attroupement d’hommes abreuvant leurs bêtes, tandis que deux femmes se tenant à l’écart retenaient les leurs.
Il leur demanda : « Que faites-vous ? »
Elles répondirent : « Nous n’abreuvons nos bêtes que lorsque les bergers s’en vont, notre père est très âgé. »
(24) Il les abreuva pour elles, puis il se retira à l’ombre et dit : « Seigneur ! J’ai grand besoin de tout bien que Tu feras descendre sur moi. »
(25) L’une des deux femmes vint alors le trouver en marchant pudiquement et lui dit : « Mon père t’invite pour te rétribuer d’avoir abreuvé nos bêtes. » Moussa se rendit auprès de lui et lui raconta son histoire ; [le vieil homme lui] dit alors : « N’aie crainte ! Tu as échappé aux transgresseurs. »
(26) L’une d’elles dit : « Père ! Emploie-le à ton service car le meilleur homme que tu puisses employer est l’homme fort et honnête. »
(27) Il dit : « J’aimerais te donner en mariage l’une de mes deux filles que voici, à condition que tu restes huit ans à mon service, et si tu en achèves dix, ce sera de ton bon gré. Je ne veux cependant rien t’imposer de pénible, et tu me trouveras, si Allah le veut, fidèle à mon engagement. »
(28) Moussa répondit : « Voilà qui est convenu entre toi et moi. Que j’accomplisse un terme ou l’autre, je ne subirai aucune contrainte. Allah est témoin de ce que nous disons. »﴿
C’est la fin du dernier verset, donc le verset 28.
Ça, c’est l’histoire qui s’est déroulée entre ces filles, leur père et le prophète Moussa alayhi salam, lorsqu’il a fui l’Égypte et qu’il s’était réfugié en Palestine à Madian.
Les filles du cheikh de Madian étaient des modèles de pudeur et de chasteté.
Leur récit a été mentionné dans le Noble Coran avec l’histoire du prophète Moussa après sa sortie d’Égypte vers Madian, dans la sourate Al-Qasas.
L’histoire débuta autour d’un puits lorsque Moussa voulut boire et se rafraîchir après son long voyage.
Les deux femmes, Sephora et Léa, attendaient en retrait à cause du grand nombre de bergers voulant abreuver leurs bêtes.
C’est-à-dire qu’il y avait énormément d’hommes, des bergers, qui étaient en train d’abreuver leurs bêtes.
Ces deux femmes étaient en retrait et elles retenaient leurs bêtes en attendant que les bergers s’en aillent.
Moussa les aperçut. Il les vit alors qu’elles tentaient de retenir leurs bêtes avec difficulté, pour ne pas se mélanger aux autres troupeaux.
Moussa s’approcha et leur demanda la raison pour laquelle elles étaient contraintes de retenir ce troupeau, en disant dans le verset de la sourate Al-Qasas :
« Que faites-vous ? »
Elles répondirent d’une manière simple et concise en disant :
« Nous ne faisons boire nos bêtes que lorsque les bergers partent. »
Puis elles expliquèrent la raison pour laquelle elles étaient contraintes d’accomplir cette tâche difficile.
Ce n’est pas commun de voir des femmes au milieu d’un troupeau de bêtes et aussi de bergers.
Elles ont clarifié la raison pour laquelle elles étaient là, en disant qu’elles n’avaient pas d’homme pouvant le faire à leur place et qu’il n’y avait chez elles qu’un homme âgé, c’est-à-dire leur père.
Donc elles dirent : « Et notre père est un homme très âgé. »
Puis elles ont clôturé leur parole, cette parole à travers laquelle on remarque la pudeur, l’authenticité, la belle éducation, la bienfaisance envers leur père, la patience et l’endurance dans cette lourde tâche.
Ensuite, dès lors que Moussa entendit ces paroles, il fut pris de miséricorde et d’indulgence envers ces deux femmes, du fait qu’elles lui dirent :
« Nous ne faisons boire… », c’est-à-dire : Nous avons l’habitude de faire boire nos bêtes lorsque les bergers partent.
C’est-à-dire que Moussa, alayhi salam, a compris qu’elles aidaient leur père par bienfaisance envers lui et qu’elles éprouvaient cette difficulté à chaque fois qu’elles se rendaient au puits pour abreuver leurs bêtes.
Parce qu’elles ont dit : « Nous ne faisons boire nos bêtes que lorsque les bergers partent. » Donc la manière dont elles l’ont dit, ça indique que c’est une habitude, que c’est répétitif.
Et donc Moussa a été pris de miséricorde envers elles et il a voulu les aider. Donc Moussa se rapprocha du puits malgré sa fatigue due à son long voyage, et il entra au milieu de la foule d’hommes et abreuva les bêtes des deux femmes en espérant sa récompense auprès d’Allah.
Les deux femmes se précipitèrent pour rentrer chez elles afin d’informer leur père de ce qui venait de se produire.
Elles ont raconté ce qui s’était passé à leur père, c’est-à-dire qu’elles attendaient pour abreuver le troupeau et qu’un homme s’était proposé pour les aider.
Quant à Moussa, il alla s’asseoir à l’ombre d’un arbre en pleine chaleur et il invoqua Allah en Lui demandant de déverser sur lui Sa généreuse subsistance et de le combler de Ses nombreuses grâces.
Il a dit : « Seigneur ! J’ai grand besoin de tout bien que Tu feras descendre sur moi. »
Dès lors qu’il termina son invocation, Allah précipita vers lui son soulagement puisque le cheikh de Madian, donc le vieil homme, avait envoyé l’une de ses filles afin de le faire venir chez lui.
La fille pieuse et obéissante s’est soumise à l’ordre de son père et alla voir Moussa.
En ressentant l’importance de cette mission qui lui avait été confiée, c’est-à-dire qu’elle n’avait pas l’habitude de s’adresser à un homme étranger, mais elle savait que dans cette situation c’était une nécessité, c’est-à-dire que son père l’avait envoyée pour appeler cet homme.
Le Coran nous décrit minutieusement la manière dont elle marchait en se dirigeant vers Moussa ainsi que la manière dont elle s’adressa à lui et sa posture, ce qui est un des plus grands indicateurs de son immense pudeur et de sa chasteté.
Allah dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« L’une des deux femmes vint alors le trouver en marchant pudiquement et lui dit : « Mon père t’invite pour te rétribuer d’avoir abreuvé nos bêtes. »
Elle est venue voir Moussa en marchant avec pudeur, humilité et retenue, avec la démarche d’une femme chaste et pure lorsqu’elle rencontre.
Elle avait couvert son visage avec son vêtement de par sa grande pudeur.
Dans le verset, en arabe, lorsque Allah dit qu’elle est venue à Moussa avec pudeur, Allah dit « ʿala istihya ». Et ici, le fait qu’Il ait utilisé le mot « ʿala », ce qu’on appelle « adat al-isti’la » (la particule de supériorité – d’élévation, celles qui ont déjà étudié ce chapitre en arabe), ce sont des mots qui ont une très grande importance dans le sens et dans le sens que l’on retire du Coran.
Ici, je répète, Allah dit dans le verset « ala istihya », donc elle est venue avec pudeur.
En français, on traduit ça par « avec pudeur » parce qu’on ne peut pas avoir un sens plus profond. Mais en arabe, le fait qu’on ait le mot « ʿala », qui est, comme j’ai dit, « adat al-isti’la », ça signifie qu’Allah nous montre que la pudeur, ce n’était pas simplement une marche avec laquelle elle marchait, mais ça nous montre qu’Allah nous explique que la pudeur était une caractéristique innée en elle et qu’elle y était fermement attachée.
L’utilisation de ce mot, qui ne fait que trois lettres mais qui a un sens très profond dans ce verset, nous montre qu’elle s’est forcée à faire cela. C’est-à-dire qu’elle est venue à lui en se forçant et que c’était une lourde tâche pour elle que de se rendre auprès d’un homme étranger, de lui parler puis de repartir en marchant auprès de lui.
Donc comme ça a été mentionné par Al-Biqa’i dans son ouvrage « Nazm al-Durar ».
Omar Ibn al-Khattab qu’Allah l’agrée l’avait décrite — donc il avait décrit cette femme qui a été décrite dans le Coran — en disant : Elle n’était pas une femme extravertie et extravagante, qui ne faisait qu’entrer et sortir de chez elle.
Donc on voit que la pudeur était une caractéristique innée et que c’était une lourde tâche pour elle que de se rendre auprès d’un homme étranger, de lui parler et de marcher ensuite auprès de lui.
Puis, dès lors qu’elle arriva auprès de Moussa, elle lui adressa quelques mots dans un langage orné de comportement et de pudeur, d’une manière brève et concise, en lui disant :
« Mon père t’appelle afin de te récompenser pour avoir abreuvé nos bêtes. »
Elle clarifia immédiatement que l’invitation provenait de son père, que ce n’était pas elle qui l’invitait, mais son père, et que la raison était qu’il souhaitait le récompenser pour son geste, afin qu’il n’y ait pas l’once d’ambiguïté dans ses paroles.
Elle ne fit preuve d’aucune complaisance dans ses propos et ceci nous démontre encore une fois sa nature saine et pure.
Moussa a accepté l’invitation du cheikh, il se leva et suivit la jeune femme.
De là, le cheikh l’honora et apaisa son cœur après avoir écouté son histoire.
C’est-à-dire que Moussa a raconté son histoire, la raison pour laquelle il a quitté l’Égypte,
et le vieillard lui dit : « N’aie crainte ! Tu as échappé aux transgresseurs. »
C’est-à-dire que là, Moussa comprit que Fir’aun n’avait aucune autorité ni aucun jugement à Madian. Il était alors rassuré et serein.
Puis une des deux femmes — les savants disent qu’il s’agissait sûrement de celle qui avait été envoyée chercher Moussa — donna son avis à son père et ouvrit la porte afin de renforcer la relation entre Moussa et son père.
Elle dit, selon la traduction rapprochée du verset :
« Père ! Emploie-le à ton service car le meilleur homme que tu puisses employer est l’homme fort et digne de confiance. »
Elle proposa à son père de l’engager afin qu’il s’occupe de leur troupeau à la place d’elle et de sa sœur. Car ce n’était en réalité un travail qui ne pouvait convenir qu’à un homme et non à des femmes chastes et pudiques, qui voulaient être éloignées de tout ce qui pouvait les mêler aux hommes.
Elle voulut convaincre son père en mentionnant deux caractéristiques que l’on recherche chez une personne que l’on souhaite engager, c’est-à-dire la force et l’honnêteté.
Elle dit : « le meilleur homme que tu puisses employer est l’homme fort et digne de confiance. »
Elle se suffit dans ses propos de mentionner la force et l’honnêteté de manière générale, sans faire l’éloge de Moussa avec des caractéristiques qui lui sont particulières.
Le cheikh accepta la proposition de sa fille et il proposa à Moussa d’épouser l’une de ses deux filles et de travailler en contrepartie pour lui pendant huit ans.
Moussa accepta et il épousa une des deux femmes.
Les savants ont dit qu’il s’agissait encore une fois sûrement de celle qui l’avait appelé et celle qui avait proposé à son père d’engager Moussa en faisant l’éloge de sa force et de son honnêteté.
Donc pour terminer, le Qur’an fit de l’histoire de ces deux filles un noble modèle de pudeur, de chasteté et d’éloignement des hommes.
Le Messager d’Allah a certes été véridique en disant : « La pudeur n’amène que le bien. »
De là, l’histoire est terminée.
Mais de là, qu’est-ce que la pudeur ?
Et comment a-t-elle été décrite par les savants ?
Tout d’abord, la pudeur, selon sa définition linguistique, c’est la honte, qui est le contraire de l’audace. Ça, c’est la définition linguistique.
La définition religieuse de la pudeur, c’est la retenue et le délaissement d’une chose par peur du blâme.
La pudeur, mes sœurs, comme vous le savez, fait partie des comportements et des valeurs de l’Islam vers lesquelles le Prophète ﷺ guidait.
La pudeur fait partie de la foi.
La pudeur et la foi sont reliées.
Ça signifie que si la pudeur est manquante, alors il y a forcément un manquement au niveau de la foi.
Et parmi les caractéristiques de notre bien-aimé Prophète ﷺ tel que l’a décrit Abu Sa’id al-Khudri qu’Allah l’agrée en disant :
Le Prophète ﷺ avait davantage de pudeur qu’une vierge dans son voile. S’il voyait quelque chose qu’il détestait, on le voyait sur son visage.
Donc la pudeur, c’est une des branches de la foi, tel que l’a dit le Prophète ﷺ.
Ainsi, de par son importante place dans notre religion, nous devons mettre la pudeur à la place qui lui convient.
Et nous devons examiner nos âmes et rechercher la pudeur. Et savoir qu’à chaque fois que la pudeur augmente, la foi augmente.
Quelle est la preuve ?
La preuve, c’est la parole du Messager d’Allah ﷺ.
« La foi comporte plus de soixante-dix branches. La plus élevée est l’attestation qu’il n’y a de divinité digne d’adoration si ce n’est Allah. La plus basse est de repousser l’obstacle du chemin. Et la pudeur est une des branches de la foi. »
Regardez mes sœurs, le Prophète ﷺ n’a pas dit : la prière est une des branches de la foi. Il n’a pas dit : le pèlerinage est une des branches de la foi. Il n’a pas dit : le jeûne est une des branches de la foi, parce que ceci est connu. Évidemment que ça fait partie de la foi puisque ce sont des piliers de l’Islam.
Mais le Prophète ﷺ dans ce hadith, nous a averties sur ce comportement en particulier qui est la pudeur.
Le Prophète ﷺ a dit : « Faites véritablement preuve de pudeur envers Allah. »
Et les compagnons ont dit : « Ô Messager d’Allah, nous faisons preuve de pudeur, walhamduliLlah. »
Et le Prophète ﷺ a dit : « Ce n’est pas cela. La pudeur véritable envers Allah est de préserver sa tête et ce qu’elle contient, son ventre et ce qu’il contient, de se souvenir de la mort et de la décomposition. Et quiconque désire l’au-delà délaisse la parure de cette vie d’ici-bas. Et quiconque fait cela a assurément fait preuve d’une véritable pudeur envers Allah. »
Le Prophète ﷺ dans un autre hadith a dit :
« Toute religion a un comportement. Et le comportement de l’Islam est la pudeur. »
Et dans un autre hadith : « La pudeur fait partie de la foi. »
Donc la pudeur, c’est une branche intégrante de la foi.
La foi de la femme musulmane ne sera pas complète tant qu’elle ne se vêtira pas de cette foi si précieuse.
Et sachez, mes sœurs, que la femme ne peut s’embellir avec une parure plus sublime, plus parfaite et plus pure que la pudeur.
Et c’est pour cela que le Prophète ﷺ a dit dans un autre hadith :
« La pudeur n’est pas présente dans une chose sans qu’elle ne l’embellisse. »
Un poète a dit :
« Si l’homme ne porte pas le vêtement de la piété,
Il est en réalité nu même s’il est habillé.
Et la meilleure des qualités est l’obéissance à son Seigneur.
Il n’y a aucun bien chez celui qui Lui désobéit. »
Des femmes de Bani Tamim sont entrées chez Aïcha, la mère des croyants, en portant des vêtements légers. Et Aïcha leur a dit :
« Si vous êtes croyantes, sachez que ceci n’est pas le vêtement des croyantes. »
Toi ma sœur, qui as délaissé ton voile pour un travail, pour t’intégrer dans la société, pour plaire ou bien tout simplement à cause de la chaleur, est-ce que tu te sens à l’abri de la colère de ton Seigneur ?
Est-ce que tu es sûre d’être épargnée de la chaleur de l’enfer ?
Alors qu’Allah dit dans Sourate al-A’la : Ceux qui brûleront dans le plus grand feu où ils ne connaîtront ni le repos de la mort ni le bienfait de la vie.
Ça signifie qu’ils ne mourront jamais, alors qu’ils seront dans une perpétuelle douleur sans que la mort ne survienne.
Muqatil Ibn Sulayman dit à propos de ce verset : « Ils ne mourront jamais afin de se reposer de ce châtiment et ne vivront plus jamais une vie paisible. Ils seront dans un malheur tant qu’ils seront dans le feu et la mort viendra à chaque instant, mais ils ne mourront jamais. Ils brûleront sept fois par jour, puis ils reviendront subir le châtiment à nouveau. Ils n’auront en guise de nourriture que leur propre chair.»
Allah dit, selon la traduction rapprochée d’un verset de Sourate al-Haqqa :
Ils n’auront d’autre nourriture que le pus. Ils mangeront du feu et le feu les mangera. Ils seront noyés dans le feu, leurs vêtements seront de feu, leurs têtes seront en feu et leurs cous seront entourés de feu. Allah sera en colère contre eux, les anges seront en colère et l’enfer sera en colère.
C’est la fin de sa parole, Muqatil رَحِمَهُ ٱللّٰه
Mes sœurs, combien est glaciale la chaleur de ce bas-monde comparée à la chaleur brûlante de l’enfer ?
Le Prophète ﷺ ne cessait d’invoquer Allah de lui accorder la pudeur et la chasteté.
Il disait : « Allahumma inni as’aluka al-huda wa at-tuqa wa al-‘afafa wa al-ghina. »
Ô Allah ! Je Te demande la guidée, la piété, la chasteté et la richesse.
Mes sœurs, en tant que femmes musulmanes qui espérons rencontrer Allah et obtenir Sa récompense, nous devons éprouver de la pudeur vis-à-vis d’Allah.
Nous devons avoir honte de désobéir à notre Créateur, notre Seigneur, qui nous voit à chaque instant, notre Seigneur à qui rien n’échappe.
Ma sœur, quand tu raccourcis ou que tu retires ton voile, Allah le voit.
Lorsque tu sors en montrant tes pieds, Allah te voit.
Lorsque tu te baignes avec un vêtement qui laisse apparaître les formes de ton corps,
Allah te voit.
Lorsque tu ne baisses pas le regard devant ce qui t’est interdit, Allah te voit.
Une question que beaucoup de sœurs posent : le fait d’avoir vécu de longues années dans des pays occidentaux, évidemment, c’est une cause de la diminution de la pudeur.
À force de voir des choses blâmables, ça amène à la diminution de la pudeur.
Mais la question est : est-ce que c’est possible de rattraper cela ?
Est-ce que la pudeur peut s’acquérir ?
Est-ce que c’est possible de rattraper cette pudeur après avoir fait preuve de manquements ?
La réponse, c’est que oui, évidemment que cela est possible, car la pudeur contient une partie qui est innée, qu’Allah a créée dans la nature de l’humain, et une partie que l’on acquiert, c’est-à-dire que l’humain l’acquiert par son éducation, par l’environnement dans lequel il se trouve, par son entourage, mais aussi par sa foi.
Quels sont les moyens pour construire cette pudeur ?
Construire ou même reconstruire cette pudeur ?
Une cause qui permet de construire cette pudeur, c’est de fréquenter une personne, une ou des personnes envers qui tu éprouves de la pudeur. C’est-à-dire, mes sœurs, ne pas avoir uniquement dans son entourage des personnes au même niveau que soi d’un point de vue religieux.
Parce que la femme qui a dans son entourage des personnes qui sont au même niveau qu’elle ne prêtera pas attention à la diminution de la pudeur.
Par contre, si elle s’assoit ou fréquente des personnes envers qui elle éprouve de la pudeur, c’est-à-dire des personnes qui ont elles-mêmes de la pudeur, de la prestance, un niveau de religiosité élevé, des personnes chez qui l’on sent que la foi est élevée, elle fera évidemment attention à son attitude à chaque fois qu’elle sera avec eux et prendra garde à ses paroles devant elles.
Par exemple, si tu fréquentes une femme qui, tu sais, ne pourra jamais porter des vêtements dénudés ou transparents, mais plutôt des vêtements couvrants, des vêtements amples, une femme qui a une prestance, une femme qui adore Allah avec ses vêtements, une femme qui, tu sais, n’insulte pas, ne maudit pas, ne crie pas, ne commet pas d’actes indécents.
À force de t’asseoir avec cette femme, à force de la fréquenter, ce modèle, il est évident que cela ne te laissera pas indifférente et cela aura obligatoirement un effet positif sur toi.
Je vous raconte une histoire, mes sœurs , qui s’est produite récemment, une histoire qui doit nous faire méditer.
Une femme âgée a été victime d’un accident de voiture avec sa famille et la voiture s’est retournée.
Et la femme a été éjectée de la voiture sur le trottoir ou sur la voie d’à côté.
Les gens se sont précipités pour la voir, pour voir si elle était blessée, si elle était vivante, si elle était morte, etc. Ils l’ont trouvée vivante, en train de louer Allah.
Et pourquoi est-ce qu’elle louait Allah ?
Est-ce qu’elle louait Allah parce qu’elle était en vie ?
On s’imagine que forcément, elle louait Allah, elle disait « Allahumma laka al-hamd », parce qu’elle était en vie. Mais non, elle ne louait pas Allah parce qu’elle était en vie. Elle louait Allah car son visage n’avait pas été découvert lors de l’accident et que son corps était resté couvert.
Subhana Allah, ce sont des exemples qui ne doivent pas nous laisser indifférentes et des exemples sur lesquels on doit méditer vis-à-vis de nos propres situations.
Un autre exemple : Une femme âgée disait refuser de vendre ses bagues en or.
Elle refusait de vendre ses bagues en or parce qu’elle avait honte que les gens connaissent la taille de ses doigts.
Elle refusait aussi de faire tailler ses robes chez un couturier homme parce qu’elle avait honte que les gens connaissent les formes de son corps.
Mes sœurs, ce sont des exemples qui ne peuvent pas nous laisser indifférentes. Et c’est à notre tour d’avoir honte en lisant ces récits qui, forcément, doivent avoir un effet sur nos âmes.
Un sage disait : « Faites revivre la pudeur en fréquentant ceux envers qui vous éprouvez de la pudeur. »
Ça, c’est la première des causes qui permet de construire la pudeur.
La deuxième cause, c’est s’éloigner des éléments destructeurs de la pudeur : Les endroits, les assises, les personnes, les appareils, les écrans, des choses avec lesquelles tu sais que tu entendras, que tu feras ou que tu connaîtras ce qui détruira et déchirera ta pudeur.
La solution, c’est tout simplement de s’en éloigner.
Parce que Shaytan ne te laissera pas. Shaytan n’acceptera pas de te laisser vivre dans ta pudeur, dans la décence et dans la pureté.
Shaytan, ce qu’il veut, c’est faire vibrer ce qu’il y a dans ton cœur.
Il veut faire vibrer ton cœur, il veut faire sortir le plus mauvais de toi-même.
Toi, lorsque du matin au soir, jour et nuit, tu es sur les écrans, tu suis les actualités, les films, des chaînes, les séries, des relations illicites, des photos, du son, des paroles indécentes, de la musique, le résultat, le résultat, c’est que tu verras celles qui ont retiré leur voile.
Tu verras celles qui sont dans une relation illicite.
Tu verras celles qui commettent de grands péchés aux yeux de tous.
Tu verras des cœurs brisés et des âmes noyées.
Tu verras de la nudité.
Tu verras de l’égarement.
Et quel sera le résultat ?
Le résultat, ça sera la disparition de ta pudeur.
La solution, c’est de fuir les endroits où se trouve la tentation.
Une troisième cause : Le traitement de la foi.
On doit se rappeler sans cesse la parole du prophète ﷺ : « Je n’ai pas encore vu deux des catégories des gens de l’enfer. » Et il mentionne la femme habillée, mais nue.
Comment une femme pourrait être habillée, mais en même temps nue ?
C’est-à-dire qu’elle porte des vêtements d’un bas-monde en pensant être habillée, mais elle est en réalité nue. C’est-à-dire que ses vêtements sont soit serrés ou bien transparents. Ils laissent apparaître sa nudité ou bien les formes de son corps.
Donc ça c’est une réalité qui est très très très présente aujourd’hui.
On doit aussi se rappeler que la responsabilité que l’on portera le jour du jugement sera personnelle.
Ma sœur, les gens qui t’incitent à profiter de cette vie éphémère, des paroles qu’on a toutes entendues.
Pourquoi cacher cette beauté ? Profite de ta jeunesse !
Mais pourquoi te couvrir de cette manière ?
Combien de nos sœurs ont retiré leur voile suite à ces paroles ?
Allah dit selon la traduction rapprochée du verset de sourate As-Saffat :
(24) ﴾mais arrêtez-les ]avant cela[, car ils doivent être interrogés. (25) Pourquoi ne vous portez-vous pas mutuellement secours ]comme vous le prétendiez[ ? En ce jour, ils seront totalement soumis,﴿
Ma sœur, ce jour-là, il n’y aura plus d’amitié, il n’y aura plus de relation.
Tu ne pourras plus rejeter la faute sur ton ami, sur une connaissance, sur ta famille, sur ta communauté, sur ton entourage. Tu ne pourras plus.
Pourquoi ?
Parce que nous avons une raison, une raison qu’Allah nous a octroyée.
Allah nous a donné une raison,
Allah nous a donné une volonté,
Allah nous a donné le libre choix.
Il nous a clarifié dans le Coran que la responsabilité est personnelle, que chaque âme devra assumer la responsabilité de ce qu’elle a fait.
Ma sœur, tu seras debout devant Allah, seule,
tu seras questionnée, seule,
tu seras jugée, seule,
et personne ne prendra la responsabilité de tes actes.
Et pour finir, la pudeur est une des causes de l’entrée au paradis.
De la même manière que l’exhibition est une cause de l’entrée à l’enfer, la pudeur est une cause de l’entrée au paradis.
Le prophète ﷺ a dit : « La pudeur fait partie de la foi, et la foi est au paradis. »
Et pour terminer, je termine avec cette parole :
Ibn al-Qayyim رَحِمَهُ ٱللَّٰهُ a dit : « Celui qui a honte de désobéir à Allah, Allah aura honte de le châtier le jour où il le rencontrera.
Quant à celui qui n’éprouve pas de honte à lui désobéir, Allah n’aura pas honte de le châtier le jour de sa rencontre. »
Donc pour finir, je demande à Allah de nous octroyer la pudeur, la foi, la droiture et la guidée, et de raffermir nos pas sur le droit chemin, et de nous guider vers les meilleurs des comportements.
Retranscription fidèle, mot par mot, du cours de Sarah — Minhaj as Salikaat
